
Extraits
:
"Dérive. Changement de cap. De vie. Une bouteille à la mer. Oui, c’est bien l’impression de Claire. Elle est une bouteille lancée à la mer. Par elle-même. Sans destination. Sans but précis. Pour la première fois de sa vie. Une bouteille lancée négligemment, au milieu des flots d’incertitudes et de doutes. Laissant derrière les rives de ses rêves. D’avant. Y’a-t-il encore quelque chose à tirer de cette bouteille délabrée? Qui sait. Il fallait bien la lancer quelque part pour le découvrir. Dorénavant, choisir de regarder en avant. Ne plus jeter de coups d’œil derrière son épaule. Le passé ne peut être changé. Pourquoi s’apitoyer? Rester là? À constater les dégâts. À lire la déception au fond des regards. La colère, sans doute aussi. Non, non, non et non. Hors de question. Claire a lancé la bouteille de son avenir de toutes ses forces. Loin. Le plus loin possible. Elle traverse le pont de Québec. L’autre rive se retrouve définitivement derrière."
" Armande attrape le téléphone pendant que Claire s’installe à la grande table, admirant le décor. Armande parle d’un ton jovial, avec la fermenté de sa bonne volonté. « Carl? Figures-toi que j’ai trouvé une locataire pour le troisième! Eh oui! Je n’ai même pas eu le temps de mettre ma pancarte. C’est quasiment comme si elle attendait devant la porte juste pour ça. Or, j’aurais besoin que tu viennes ce soir monter des meubles du sous-sol et je t’avertis, ne viens pas me dire que tu as trop de travail et que tu viendras quand tu le pourras… Bah, je sais, tu as un procès à préparer. Tu as toujours des procès à préparer, ça ne changera jamais. Mais il est hors de question d’attendre, sinon, ma locataire dormira sur le parquet jusqu’à Noël… Oui, je sais que Noël vient tout juste de passer, je suis vieille, mais pas sénile! Je parlais de Noël l’an prochain. Avec toi, si on attend que tu aies du temps, ça prends des mois. Alors, tu lâches tes dossiers, tu cesses de ronchonner et tu te ramènes ici dans la demi-heure. Tu travailleras durant seulement vingt-et-une heures au lieu de vingt-deux aujourd’hui, c’est tout. Je t’attends. À tout de suite!
Armande raccroche, triomphante, dans un grand éclat de rire. « Il ne pourra pas se défiler cette fois. À nos papiers!"
Chantal Reichel (Page Facebook)
Chantal Reichel (Qlub Social)
"Dérive. Changement de cap. De vie. Une bouteille à la mer. Oui, c’est bien l’impression de Claire. Elle est une bouteille lancée à la mer. Par elle-même. Sans destination. Sans but précis. Pour la première fois de sa vie. Une bouteille lancée négligemment, au milieu des flots d’incertitudes et de doutes. Laissant derrière les rives de ses rêves. D’avant. Y’a-t-il encore quelque chose à tirer de cette bouteille délabrée? Qui sait. Il fallait bien la lancer quelque part pour le découvrir. Dorénavant, choisir de regarder en avant. Ne plus jeter de coups d’œil derrière son épaule. Le passé ne peut être changé. Pourquoi s’apitoyer? Rester là? À constater les dégâts. À lire la déception au fond des regards. La colère, sans doute aussi. Non, non, non et non. Hors de question. Claire a lancé la bouteille de son avenir de toutes ses forces. Loin. Le plus loin possible. Elle traverse le pont de Québec. L’autre rive se retrouve définitivement derrière."
" Armande attrape le téléphone pendant que Claire s’installe à la grande table, admirant le décor. Armande parle d’un ton jovial, avec la fermenté de sa bonne volonté. « Carl? Figures-toi que j’ai trouvé une locataire pour le troisième! Eh oui! Je n’ai même pas eu le temps de mettre ma pancarte. C’est quasiment comme si elle attendait devant la porte juste pour ça. Or, j’aurais besoin que tu viennes ce soir monter des meubles du sous-sol et je t’avertis, ne viens pas me dire que tu as trop de travail et que tu viendras quand tu le pourras… Bah, je sais, tu as un procès à préparer. Tu as toujours des procès à préparer, ça ne changera jamais. Mais il est hors de question d’attendre, sinon, ma locataire dormira sur le parquet jusqu’à Noël… Oui, je sais que Noël vient tout juste de passer, je suis vieille, mais pas sénile! Je parlais de Noël l’an prochain. Avec toi, si on attend que tu aies du temps, ça prends des mois. Alors, tu lâches tes dossiers, tu cesses de ronchonner et tu te ramènes ici dans la demi-heure. Tu travailleras durant seulement vingt-et-une heures au lieu de vingt-deux aujourd’hui, c’est tout. Je t’attends. À tout de suite!
Armande raccroche, triomphante, dans un grand éclat de rire. « Il ne pourra pas se défiler cette fois. À nos papiers!"
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